SOCIETE FRANCAISE D'INFORMATIQUE DE LABORATOIRE
Compte rendu de
La table ronde du 22 juin 2000
Personnes présentes :
Belloul Lylia (Option/Bio) - Bravard Jean Pierre (Konélab) - Brenner Hélène (TGS in Situ) - Chandavoine Bettyna (PGP France) - Chevalier François (Syndicat National des Médecins Biologistes) - Chevalier Monique (Spectra Biologie) - Copigny Philippe (Sysmex France) - Degaey René (LABM Avesnes sur Helpe) - Desmoulins Robert (LABM Palaiseau) - Diot Jean Claude (Diamed) - Domas Gérard (Hexaflux) - Douche François (Sefrogi) - Douchet Daniel (CH Arras) - Fénéant-Thibaut Madeleine (AP-HP Bicêtre) - Giroud Claude (Bio-Rad) - Gourmelin Yves (Diagnostica Stago) - Gruson Anne (CH Arras) - Herbeuval Xavier (CHU Nancy) - Hervé Christian (CH Sens) - Legrand Alain (AP-HP Bicêtre) - Maiolini Richard (Laboratoire Mérieux) - Marchand Martine (Robert Debré AP HP) - Mattatia Fabrice (GIP CPS) - Otter Martine (CHU Nancy) - Piot Jean Marie (Biomérieux) - Postel-Vinay Nicolas (Direction Générale de la Santé) - Prost Laurent (Erems - Dept Valab) - Salf Christine (Inlog) - Tavernier Philippe (Direction des Hôpitaux) - Valery Eric (Jouan - Dept IME) - Zanin Bruno (QSP Systems)Personnes excusées : Annic Bruno (Ortho Clinical Diag.) - Bitan Freddy (Direction Générale de la Santé) - Cirre Philippe (Direction des Hôpitaux) - Clavel Jean Pierre (LABM Nogent sur Marne) - Cœur Alain (Alain Cœur Conseil) - Dubois Olivier (GIP CPS) - Gilles de Pelichy Pascal (PGP) - Ginod Thierry (Biosystem) - Grimperelle Jacques ( Saric) - Guerin Franck (Sysmex Molis) - Lajot-Sarthou Gilles (Communicatic SA) - Nicollet Claude (Saric) - Nobile Eric (IL France) - Paljic Racan (Direction des Hôpitaux) - Parent José (TGS in Situ) - Parot Caroline (CNIL) - Taib Gilles (GIP CPS) - Verhille Cyril (Bayer) - Zoller Anne (Openlab)
Ainsi que cela avait été annoncé en début d'année, la SFIL va désormais organiser deux fois par an une "table ronde" afin de présenter ses projets et l'évolution des travaux en cours. Cette présentation s'adresse aux industriels (éditeurs de systèmes de gestion de laboratoires ou fournisseurs d'automates), aux différentes instances (Direction Générale de la Santé, Direction des Hôpitaux, Syndicats de biologistes …) et à la presse spécialisée.
Trois interventions avaient été prévues pour la première réunion de ce type :
Présentation de la SFIL par le Dr Xavier HERBEUVAL - Président de la SFIL
Signature électronique et carte CPS par M. Fabrice MATTATIA - Chargé de mission au GIP CPS
Cahier des Charges National pour l'Informatisation des Laboratoires par Mme Martine OTTER - Présidente du groupe de travail
La séance a débuté à 14 h 45
Présentation de la SFIL (Dr Xavier HERBEUVAL)
Depuis quinze ans la SFIL organise des congrès permettant le rapprochement entre les biologistes et les fournisseurs de laboratoires.
De plus, depuis cinq ans, elle s'oriente vers la mise en place de groupes de travail qui peuvent se pencher sur des réflexions de plus grande envergure. Deux groupes ont déjà été créés :
D'autres orientations sont envisagées vers :
D'autre part, des travaux sont menés conjointement avec d'autres instances comme le GIP CPS afin de mettre en place un "manuel d'intégration de la CPS" à l'usage des industriels.
La SFIL souhaite de plus en plus être le trait d'union entre les différents acteurs de la profession, et le nombre croissant d'industriels qui adhérent à l'association montre le bien-fondé de cette approche.
Dans la continuité des buts de la SFIL, vont être organisés :
Questions réponses
Laurent Prost (Erems) : est-ce que la SFIL perçoit une ou des subventions de la part d'un organisme officiel ?
Xavier Herbeuval : non, car elle souhaite garder son indépendance. D'autre part, le GBEA 2 a été le dernier texte réglementaire parrainé par la Direction Générale de la Santé. Celle-ci souhaite désormais que la profession définisse ses propres règles, la DGS ne donnant que son approbation à la fin des travaux.
Laurent Prost : la SFIL compte-t-elle s'intégrer à des travaux européens ?
Xavier Herbeuval : éventuellement, cependant la France est très en avance en ce qui concerne l'assurance qualité et l'informatique de santé. Il en est de même pour les recommandations de la CNIL qui sont plus draconiennes que les recommandations européennes.
La carte des professionnels de santé (CPS) (M. Fabrice Mattatia )
La carte CPS a été mise en place afin de répondre aux besoins de sécurisation des échanges électroniques.
En effet, pour des échanges électroniques normaux, il n'existe aucune garantie concernant l'identité des intervenants, l'intégrité des messages, la responsabilité et la confidentialité.
Le problème était déjà connu il y a 6000 ans en Mésopotamie où on utilisait un sceau personnel pour indiquer l'identité de l'émetteur et où le message (signé par le sceau) était enfermé dans une boule d'argile afin de prouver l'intégrité du dit message, et de garantir sa confidentialité.
La sécurisation des échanges électroniques est devenue indispensable pour :
Pour le secteur de la santé cela représente :
Le besoin : des fonctionnalités à assurer :
Les solutions :
Principe de l'algorithme dit algorithme asymétrique :
Deux clés sont utilisées possédant les propriétés suivantes : le traitement fait avec une clé peut être inversé avec l'autre sans que la connaissance d'une des clés puisse permettre de déduire la valeur de l'autre clé.
Chaque utilisateur dispose ainsi d'une clé privée et d'une clé publique.
Le traitement consiste en deux actions :
Un certificat est délivré par une autorité (IGC : Infrastructure de Gestion des Clés), il a pour but de garantir le lien entre la clé publique et l'identité de l'intervenant. Il est donc nécessaire que l'IGC jouisse d'une grande crédibilité ainsi que d'une certaine notoriété.
L'IGC est chargée de mettre en place :
Il est à noter que "la loi n'impose pas une solution pour la signature électronique. La carte CPS est un exemple de solution." Elle présente l'avantage de rendre compatibles tous les professionnels de santé.
Le GIP CPS
Fondé en 1993, il regroupe des représentants de l'Etat, des Ordres, des caisses d'assurance maladies obligatoires et complémentaires ainsi que des professionnels.
Ses missions sont la gestion et la promotion de la carte CPS.
230.000 cartes ont été émises à ce jour.
A chaque carte correspond un certificat qui fait que cette carte est à la fois une "carte d'identité" (identité et statut du professionnel de santé) et un "porte clés" (elle contient les clés privées).
Les fonctionnalités de la carte CPS sont :
Les services assurés par le GIP sont :
Les usages de la carte CPS sont :
Il faut savoir que pour ces différentes utilisations, les droits d'accès ne sont pas liés directement à la carte CPS mais doivent être gérés par chaque application en fonction du détenteur de cette carte.
Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site du GIP : (www.gip-cps.fr)
Questions réponses
Gérard Domas (Hexaflux) : quelle est la situation du GIP CPS dans l'IGC (Infrastructure de Gestion des Clés) ?
Fabrice Mattatia : le GIP assure tous les rôles techniques de l'IGC décrits ci-dessus. En outre, d'un point de vue plus politique, la participation active des représentants de tout le secteur de la santé lui permet de définir les orientations les mieux adaptées à ce secteur.
René Degaey (LABM Avesnes sur Helpe) : où va-t-on intégrer le principe du chiffrement ?
Fabrice Mattatia : le chiffrement se fera au niveau du matériel de l'utilisateur, cela permettra de faire des "copies" permettant l'emploi par d'autres utilisateurs en l'absence du propriétaire de la clé, si celui-ci le désire. Ces autorisations ne permettront qu'une lecture des messages entrants.
Yves Gourmelin (Diagnostica Stago) : comment se fait l'authentification du propriétaire d'une carte CPS ?
Fabrice Mattatia : une authentification a lieu lors d'une connexion. Quand un utilisateur désire se connecter, il donne son nom. L'application va chercher le certificat correspondant dans l'annuaire du GIP. Grâce à la clé publique contenue dans le certificat, elle va poser un défi à la CPS de l'utilisateur. La CPS répondra à ce défi en utilisant sa clef privée. Seule la CPS correspondant au certificat est capable de répondre avec succès. Bien entendu, tout cela est invisible pour l'utilisateur.
Gérard Domas (Hexaflux) : quelle est la taille prévue pour les clés ?
Fabrice Mattatia : à l'heure actuelle, la taille des clés est de 768 bits.
Hélène Brenner (TGS in Situ) : est-il possible de connaître la correspondance entre le nombre de cartes déployées et le trafic réel ?
Fabrice Mattatia : le GIP dispose des chiffres concernant le déploiement des cartes, seules les caisses d'assurance maladie ou les opérateurs pourraient à l'heure actuelle nous renseigner sur le taux d'utilisation de ces cartes puisqu'elles sont utilisées pour la majeure partie pour les feuilles de soins électroniques. On peut estimer à au moins 30.000 le nombre de PS libéraux connectés.
Le cahier des Charges National pour l'Informatique des Laboratoires (Mme Martine OTTER)
Après la finalisation du GBUI et suite à la demande de la Direction des Hôpitaux, il a été décidé (au cours du congrès de Vittel de 1999) de mettre en place un groupe de travail chargé de la refonte du cahier des charges national pour l'informatique de laboratoires (CCN). En effet le précédent CCN datait de 1987 et présentait de ce fait des lacunes, en particulier dans le domaine des communications.
Composition du groupe de travail
L'ambition de ce groupe de travail étant de proposer :
celle-ci a orienté le choix de la composition du groupe de travail de la façon suivante :
Il faut noter que les biologistes ont été choisis parce qu'ils représentent chacun un mode d'expression de la profession, mais aussi pour certains pour leur appartenance à un ordre (pharmaciens - médecins) ou à un syndicat de biologistes.
Etapes de développement du CCN
Après la création du groupe, un certain délai de réflexion a été nécessaire afin de mettre en place la méthode de travail qui paraissait la plus appropriée au sujet à traiter.
Il a été décidé de proposer le CCN en plusieurs parties :
Douze annexes ont ainsi été mises en place pour l'instant. Ce mode de présentation permet à la fois :
Dans un deuxième temps ont été mis en place des sous-groupes de travail rassemblant des biologistes qui, en fonction de leurs motivations, ont réfléchi sur les différents chapitres et en ont décliné les items nécessaires.
Les travaux des sous-groupes sont présentés au cours des réunions mensuelles et discutés par tous les membres du groupe CCN.
Il faut noter que les industriels présents ne font pas de proposition pour les chapitres concernant la déclaration du biologiste, ils participent aux discussions en séance, leur rôle étant principalement de permettre de "traduire" les demandes des biologistes en langage plus industriel. En retour, il leur sera demandé de faire des propositions pour le "cadre de réponse du fournisseur", chapitre pour lequel les biologistes pourront alors demander d'éclaircir certains termes si nécessaire.
Depuis mai 2000, une réflexion est menée en parallèle avec le développement des différents chapitres. Il s'agit d'extraire de ces chapitres des demandes redondantes qui pourraient être présentés sous forme de tableaux et ainsi rendre le cadre de réponse plus simple.
Ce type de tableau va permettre à la fois :
Dans un deuxième temps, ce tableau pourra permettre des comparaisons rapides entre la demande du biologiste et les réponses des fournisseurs, et à terme, peut-être devenir un outil pour le fournisseur lui permettant de vérifier de façon statistique l'adéquation de ses propositions avec les demandes des biologistes.
Les travaux sur le CCN seront présentés au congrès de Vittel qui aura lieu du 14 au 16 mai 2001. Une première version sera alors soumise à la profession et plus particulièrement aux biologistes qui n'auront pas participé aux travaux.
Questions réponses
Hélène Brenner (TGS in situ) : ce document sera-t-il une aide pour les biologistes ou un document officiel ?
Martine Otter : en fait, il sera les deux à la fois, un outil didactique pour le biologiste et un document quasi officiel puisque ces travaux ont été mis en place à la demande de la Direction des Hôpitaux.
Xavier Herbeuval : sur le plan légal, même avec l'ancien cahier des charges, c'est en réalité le document passé entre le fournisseur et le biologiste qui devient contractuel.
Gérard Domas (Hexaflux) : une part importante des travaux du groupe "cahier des charges" est de répertorier les éléments réglementaires qui ne peuvent donc pas être soumis à l'appréciation du biologiste ou du fournisseur. Le biologiste pourra alors se consacrer à la hiérarchisation des items qui restent soumis à son choix.
De même ce cahier des charges doit aider le biologiste à faire la présentation de son organisation, ce qui conditionne en grande partie la réponse du fournisseur.
Xavier Herbeuval : on peut en quelque sorte résumer le cahier des charges en trois grandes fonctions : aider le biologiste à faire son propre cahier des charges (outil pédagogique et aide à la rédaction), simplifier la réponse du fournisseur en lui proposant un cadre de réponse et permettre une synthèse rapide entre les besoins du biologiste et les réponses des différents fournisseurs grâce à un outil multimédia.
Gérard Domas (Hexaflux) : ce qui est important à préciser, c'est que le cahier des charges n'indique pas de moyens pour arriver au résultat, ce qui permet au fournisseur de faire une réponse avec les moyens dont il dispose. Il n'est jamais question, par exemple, de système d'exploitation.
Martine Otter : à ce niveau le groupe de travail se doit d'être très vigilant et cela à deux niveaux : d'une part ne pas être influencé par les systèmes des industriels qui participent aux travaux et d'autre part ne pas orienter le cahier des charges en fonction des habitudes de travail des biologistes qui y participent. Le principe étant principalement de ne pas prendre en compte des solutions déjà existantes, il s'agit d'exprimer des besoins et non de faire un catalogue de l'existant.
Laurent Prost (Erems) : le laboratoire qui va utiliser le cahier des charges va faire une déclaration personnalisée.
Martine Otter : bien sûr, et c'est donc à nous de faire un maximum de propositions d'items afin que le biologiste puisse trouver ce qu'il recherche. Nous devons veiller à ne pas être restrictifs.
Gérard Domas (Hexaflux) : un des buts de la SFIL est de donner des éléments prospectifs et de faire réfléchir les membres de la profession sur ce que peut être la biologie dans l'avenir. Le cahier des charges doit donc d'ores et déjà avoir une réflexion sur les solutions d'avenir.
Martine Otter : c'est aussi pour cette raison que le cahier des charges a été "morcelé" en fascicules ou en annexes ce qui va permettre des mises à jour simplifiées par rapport à un document unique. Un important travail de veille technologique est déjà prévu en étroite collaboration avec les industriels.
Gérard Domas (Hexaflux) : je souhaiterais repréciser le rôle des fournisseurs dans le groupe de travail cahier de charges. Nous n'intervenons pas dans le travail des sous-groupes, nous sommes simplement là pour faire la liaison entre le langage des biologistes et le langage des fournisseurs. Nous faisons de la "traduction". Nous interviendrons seulement pour le développement du cadre de réponse du fournisseur.
Alain Legrand (Bicêtre -AP HP) : c'est une des grandes différences avec le cahier des charges de 87 car celui-ci a été développé uniquement par des biologistes et des administratifs (à l'instigation de la Direction des Hôpitaux) et il n'y avait pas de fournisseurs. C'est peut être pour cela que ce cahier des charges était resté très théorique, le nouveau devrait être, je pense, beaucoup plus pratique.
Gérard Domas (Hexaflux) : pour lever toute ambiguïté, il faut noter que dans le groupe de travail il y a plusieurs fournisseurs qui sont aussi concurrents, chacun à sa vision du métier, il y a donc impossibilité pour le groupe de travail de s'orienter vers une solution particulière.
Martine Otter : de plus nous invitons régulièrement des spécialistes (biologistes ou industriels) lors des présentations de chapitres dont les thèmes se rapprochent de leurs motivations. Les sujets sont prévus à l'avance (dans les comptes rendus des réunions précédentes) et nous sommes ouverts à toute proposition. Nous avons besoin de cette participation car nous ne pouvons pas, en temps qu'individu, prétendre avoir connaissance de tous les sujets et ainsi essayer d'approcher l'exhaustivité pour le cahier de charges.
Bruno Zanin (QSP System) : le cahier des charges peut-il apporter de l'aide par rapport à la législation, les textes étant parfois interprétés différemment par le biologiste et le fournisseur ?
Martine Otter : le principe des tableaux de réponse permettra, lorsque cela est le cas, d'imposer une réponse. En effet tout renseignement dont la présence est rendue obligatoire par la loi sera automatiquement proposé et ne laissera de choix ni au biologiste ni au fournisseur. Le texte de loi s'y rapportant sera précisé ce qui va nous demander un énorme travail de suivi. C'est pour cela aussi que, comme pour le GBUI, nous travaillons en relation avec des juristes.
La réunion s'est achevée par une discussion entre les fournisseurs d'automates et les éditeurs de logiciels, qui ont mis à jour un des points d'achoppement de l'installation des laboratoires, à savoir les connexions d'automates.
En effet, d'une part les fournisseurs d'automates ne savent pas toujours les informations que peut gérer un système central et d'autre part les éditeurs de logiciels ne disposent, en principe, que des renseignements concernant le protocole de communication, sans savoir obligatoirement quels sont les éléments de résultats qui vont pouvoir transiter dans cette communication.
M. Domas propose qu'un système de "fiche technique" soit édité pour chaque analyseur, cette fiche en complément du protocole de communication pourrait être mise à disposition des éditeurs de logiciels.
Mme Otter reprend cette idée en précisant que la SFIL, du fait de son indépendance, pourrait servir d'intermédiaire entre les intervenants, d'une part en collectant ces fiches techniques, et d'autre part en mettant à disposition des éditeurs une sorte de catalogue de ces fiches techniques.
Cette solution est à envisager, elle ne rentre absolument pas dans le cadre du cahier des charges, mais elle pourrait être menée en parallèle.
Clôture de la séance à 18h30